19 mai 2004

Notre position / sa géographie

Pour tenir sa position il importe auparavant d'en définir une géographie. D'établir ce qui la fonde.

 

Tenir une position n'implique aucun immobilisme. La position dont il est ici question autorise le mouvement, et le guide. Elle est changement permanent, puisque le temps, la vie, sont changement – l'impermanence dont parle le bouddhisme. Tenir sa position, à moins sinon d'être mort, c'est changer sans cesse, en rythme, s'adapter aux circonstances, aux événements, à l'évolution des relations qui se tissent en nous et autour de nous. Simplement ce mouvement-là se déploiera dans un espace structuré par ce point de fuite (perspective) qui est en même temps ombilic (origine).

C'est une affaire de dignité. De progressif dénuement aussi peut-on dire, mais un dénuement qui s'accompagne d'une densification de l'être au présent. Il s'agit bien de se départir des certitudes, des commandements, des embrigadements et dominations de tous ordres, parentaux, nationaux, institutionnels, pour sans cesse tenir le cap de ce point polaire, virtuel, inaccessible, qui se confond avec l'idée de la mort inconnaissable.

Elle est, la mort, l'épreuve ultime de la dignité. Elle polarise chacune de nos existences. Nous ne faisons que nous y préparer. Dans le déni, même, nous établissons sa prééminence. Elle seule donne le sens de la vie. Inutile sans doute, comme le recommandait Montaigne d'y penser en toute occasion, à chaque instant ; tout ce que nous faisons ou ne faisons pas, non seulement nous en approche, mais nous y prépare. Il n'y a rien d'autre. 

Posté par traverson à 14:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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